Ce jeudi, Ségolène Royal s'est rendue en Normandie, à Tourouvre-au-Perche, pour l'ouverture d'un tronçon de route solaire. Une innovation technologique et environnementale mondiale qui a un prix: cinq millions d'euros.
La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a inauguré ce jeudi le premier kilomètre de route solaire en France, dans une commune de l'Orne, Tourouvre-au-Perche. Elle y a annoncé son intention de déployer cette technologie ailleurs sur le réseau routier national. Une prouesse énergétique inédite dans le monde, mais dont le coût, cinq millions d'euros, ne permet pour le moment pas d'envisager sa généralisation.
Financés par l'État et imaginés par les sociétés Wattway et CEAT Tech, les travaux de ce kilomètre de dalle photovoltaïque ont été lancés en octobre sur une portion d'une voie départementale de Normandie. Tourouvre-au-Perche est loin d'être la commune la plus ensoleillée de France, mais elle se trouve à proximité de l'usine de fabrication. Cela permet aux ingénieurs d'être proches du site d'expérimentation et de surveiller les éventuelles complications, par exemple dues aux intempéries. Le prototype va être observé pendant deux ans afin de s'assurer que les revêtements protègent suffisamment les cellules photovoltaïques du poids des voitures tout en apportant une adhérence aux roues des véhicules suffisante.
Du côté du Syndicat des Énergies Renouvelables (ENR), on reconnaît la prise de risque, mais on s'interroge sur les inconvénients de ces dalles solaires: «Quel est le potentiel de réduction des coûts? Quelle est leur durée de vie? Quelle quantité d'énergie est produite?» questionne Jean-Louis Bal, le président du Syndicat. Car les panneaux à plat
produisent moins d'électricité que les panneaux inclinés, par exemple présents sur les toits des habitations. Pour répondre aux sceptiques, Wattway affirme être en mesure de proposer d'ici 2020 une énergie au même coût que le prix du solaire classique, soit 1,3 euros par watt crête, contre 17 euros actuellement.
Surtout, l'entreprise espère conquérir des marchés à l'étranger, et notamment en Afrique. Comme le précise Jean-Louis Bal, «si cette route solaire tient ses promesses, le continent africain sera évidement un marché d'avenir. 600 millions de personnes ne disposent pas d'électricité, alors que l'Afrique connait un fort taux d'ensoleillement.» Une volonté de développer les énergies vertes qui rejoint les actions de la ministre de l'Environnement. Cette dernière, avec sa casquette de présidente de la Cop 21, avait d'ailleurs récompensé Wattway duTrophée des Solutions Climat en décembre 2015.
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